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Et toi, tu fais quoi dans la vie ?
Quand la réponse, cesse de nous faire rêver, c’est peut être le symptôme d’autre chose

Avez – vous cette sensation de lassitude lorsque l’on vous demande ce que vous faites dans la vie ?

Cette envie irrationnelle d’invoquer une faille spatio-temporelle histoire de passer directement à la prochaine phase de la conversation ?

Ce moment où vous vous faites une “out of body experience”? Vous expliquez le plus rapidement et froidement possible les grandes lignes de votre travail alors qu’intérieurement vous êtes en train de chercher une sortie ?

Et vous priez, très fort pour que surtout, surtout, personne ne pose de question sur ce que vous êtes en train de dire ?

Personnellement ça m’est souvent arrivé et ça m’arrive encore.

Je vais aborder dans cet article :

  • l’importance de la question selon deux points de vue opposés qui sont pourtant tous les deux les miens : POV 1 et POV 2. (Oui, les FanFics sont mon péché mignon & AO3 est un puits sans fin peuplé de pépites insoupçonnées et de navets qu’on aime à lire quand même.),
  • 4 raisons pour lesquelles selon moi cette question peut mettre (très) mal à l’aise.

POV 1 : une question désinvolte et sans grandes conséquences

Ma cousine issue de germain au 3ème degré ne comprend rien (mais c’est pô bien grave)

Il arrive que la question soit posée dans des circonstances tellement hard core que même si vous avez toujours la foi, y a vraiment peu de chance d’arriver à y mettre tout votre cœur.

C’est ce que j’appelle la situation de “small talk extrem, (beurk🤮) dont il n’est en général pas possible de s’extirper.

Oui, j’ai expliqué ce qu’était un fablab au milieu d’un cimetière en suivant le cercueil de mémé jusqu’à sa dernière demeure.
Si, si, je l’ai fait.
Bon, je n’ai probablement pas rendu le plus beau service au concept, mais j’l’ai fait…

arrgghh

La personne (ma cousine issue de germain au 3ème degré – enfin je crois 😅…) ne posait évidemment pas la question pour en connaître la réponse (silly me).

D’ailleurs, dès que j’ai eu prononcé le mot “numérique”, elle s’est immédiatement retranchée vers le classique “et sinon, c’est quand que tu te trouves quelqu’un pour faire des bébés ?”…. 🤢

Y a une vie après le boulot (il parait)

relax at work

J’ai entendu dire qu’il existait des gens qui se réalisaient en dehors de leur travail. Peut être que certains d’entre vous faites vous partie de cette race bizarre.

Attention, je suis pas en train de dire que si vous savez faire autre chose que travailler vous faites forcément un travail chiant.

Pour donner un exemple, j’avais autrefois une colocataire qui était juriste-qualité dans l’agro-alimentaire.
Elle était très à l’aise avec le fameux “Et toi ? Tu fais quoi ?”. Elle répondait facilement et sans gène “en gros, je fais les papiers” et embrayait sur la préparation du prochain apéro.

Elle parlait rarement de boulot en dehors du boulot. Au début, je pensais qu’elle était malheureuse au travail et ne voulait pas en parler, mais non, elle m’a plusieurs fois assuré que ça n’était pas le cas.

J’admirais et j’admire toujours son détachement et son lâcher prise même si je ne l’envie pas pour autant.

POV 2 : une question fréquente et importante voire cruciale

Qu’est ce que tu fais dans la vie ?…

Combien de fois cette fameuse question vous a-t-elle été posée lors d’une première rencontre ? Presque toujours n’est-ce pas ?

Et quand les gens sont au courant de votre situation c’est “et le boulot ça va ?” ou l’embarrassé “t’as toujours rien trouvé ?”

Cela montre, selon moi, à quel point le travail est lié à notre identité. Et, par ricochet, pourquoi répondre de façon satisfaisante à la question, au moins pour soi même, est tellement important.

Nous ne demandons pas “qui es-tu ?” (beaucoup, moi la première, auraient bien du mal à répondre) mais “que fais tu ?”.

qui quoi quand où comment

Dis moi ce que tu fais, j’évaluerai qui tu es

Consciemment ou non, on attribue une valeur à la réponse (beurk 🤮).

On pense alors à la personne par rapport à son savoir, à ses connaissances et son “utilité”. Ou pire, on ajuste son attitude en fonction du prestige (et du salaire 💰💰) que l’on associe à sa profession (beurk, beurk beurk beurk 🤮🤮🤮).

point de vue politique

Si on y réfléchit bien, le travail et l’identité qu’on en tire est au centre de beaucoup de choses.

Je suis persuadée qu’il est crucial de rediscuter la définition du travail et son importance dans la valeur qu’on se donne à soi et aux autres.

Une piste de plus afin d’imaginer le fameux “monde d’après”.

De toutes façons, qu’on y réfléchisse ou pas, faut pas se leurrer : du travail, au sens actuel du terme, y en aura pas pour tout le monde et moins pour chacun.

Quand répondre devient une corvée

Si même devant le plus gros client potentiel, le partenaire providentiel ou le N+15 qui représente votre dernier espoir de promotion, vous n’avez juste pas l’envie d’expliquer ce que vous fichez.
Si décrire ce qui semblait dans le passé être la vocation d’une vie est devenu une corvée.
Alors, selon moi, vous êtes peut être dans une des situations décrites si dessous.

Évidemment, il peut y avoir d’autres raisons, par exemple liées au changement ou à la survenance d’une circonstance extérieure. Ici j’envisage les occasions où le malaise est plus lié à soi qu’aux autres.

1/ Vous avez besoin de vacances !

plage drapeau

De quoi ?

Oui, je sais, pour beaucoup d’entre nous Freelances et autres workaholics, ce mot représente un concept bien lointain qu’il est difficile de s’auto-appliquer.
Sauf que parfois une pause s’impose même si on est trop occupé pour s’en rendre compte.

La réticence soudaine à expliquer, à qui veut l’entendre, à quel point son boulot à première vue rasoir, est en fait tout à fait exaltant et utile à la société peut être un bon signe d’épuisement.

2/ Alerte blushit job !

Peut être qu’en fin de compte ce que vous faites n’est pas si intéressant (désolée, mon tact est resté piégé dans une abîme avec ma simplicité).

Peut être que votre mission ne “fait pas sens” comme ils disent, ou qu’elle ne correspond simplement plus à vos besoins, envies et valeurs.

Il peut y avoir une foultitude de raisons pour ça ; souvent c’est un signal pour prendre du recul sur sa vie professionnelle.

revendication consultation

3/ Tout le monde n’est pas boulanger

Pour moi, la réponse à cette fameuse question n’est jamais simple. Par exemple, quand j’ai eu fini mes études de droit, ma grand-mère (pas celle du cimetière, l’autre) était persuadée que j’étais devenue avocate et mon oncle que j’allais pouvoir régler son divorce (nope).

Dans la vraie vie, je faisais du conseil à l’internationalisation des entreprises et de l’information européenne. J’organisais aussi des réunions d’informations, m’essayait à faire un peu de communication. Je gérais aussi parfois des financements européens.

Ma réponse est à la question “tu fais quoi ?” est encore moins simple aujourd’hui ; je ne serai probablement jamais en position de répondre avec un nom de métier facilement identifiable (et ça m’intéresse pas vraiment).

4/ Jarod sort de ce corps

Vous êtes peut être “slasher”, “multipot’” ou “touche à tout qui sait pas ce qu’il veut”.

Peu importe l’étiquette, pour être au mieux de vos capacités et de votre motivation vous avez besoin de transiter entre plusieurs thématiques, tâches, métiers, rythmes, environnements etc…
Que ce soit concomitamment (un boulot multi-tâches), simultanément (plusieurs activités en parallèle), séquentiellement (plusieurs tranches de vie successives) ou les trois.
Bref, vous ne rentrez pas dans une seule case et/ou vous débordez de celle(s) que vous occupez.

Miss Parker

Votre découragement à l’idée d’expliquer ce que vous faites est peut être le signal qu’il faut changer un truc (enlever/ajouter des choses, réorganiser le planning avec plus de diversité etc).

Personnellement, je suis dubitative sur ce genre de théories : à chaque fois que je lis un truc dans ce style, je me dis juste “ben ouais comme tout le monde ! »
Et en même temps je me retrouve bien dans celle-ci… Je l’ai dit que ma simplicité était perdue dans l’abîme 👼.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas y voir une revendication de supériorité (genre moi je fais plein de truc toi t’en fais moins donc t’es moins bien) mais plus un enrobage valorisé d’une organisation alternative. Bref, c’est de la com’. (beurk 🤮)

Il faut aussi accepter qu’en faisant plusieurs choses en même temps, on avance pas de la même façon ou au même rythme !

Pour ceux que ça intéresse, regardez le Ted Talk d’Emilie Wapnick sur le sujet (n’oubliez pas les sous-titres si vous ne comprenez pas l’anglais).

Voilà, c’est la fin de cet article qui n’entre pas complètement dans ma ligne éditoriale et qui n’a pas vraiment de conclusion.

Si vous avez lu mon article sur la façon dont j’ai commencé ce blog vous savez que je n’y accorde qu’une importance relative.

Je pense d’ailleurs que vous pouvez vous attendre à d’autres article du genre entre développement personnel, divagations personnelles et “future of work”.
Vous êtes prévenus.

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à le discuter dans les commentaires.